Experts, dompteurs et magiciens …

Il y a des enseignants qui m’ont inspiré lors de mon cheminement scolaire : M. Brousseau et M. St-Germain en sont deux. Mais rarement dans ma carrière je n’avais été autant touché par la vision d’une personnalité marquante de l’Histoire. J’ai vu  le film Hugo Cabret et j’ai fait connaissance avec Georges Méliès, certainement une des rencontres les plus marquantes de ma vie.

Pour ceux qui n’ont pas vu le film, il s’agit définitivement d’un incontournable. Non pas tant pour la romance entourant l’histoire d’Hugo (habillement tissée d’ailleurs), mais bien pour l’hommage à un homme qui a failli passer à l’oubli et qui pourtant est le père du cinéma de divertissement, le père des effets spéciaux, mais surtout un visionnaire créatif : Georges Méliès.

Toute mon admiration envers Méliès touche plus particulièrement son utilisation créative d’une invention révolutionnaire : le cinéma. Il a su mobiliser ses compétences de magicien, bricoleur, producteur, réalisateur, scénariste, décorateur, machiniste et même acteur au sein d’un nouveau média pour faire «naître des rêves» et proposer des films de fiction . Ajoutons à cela les effets spéciaux et les trucages au montage qu’il a souvent découvert par sérendipité ainsi que la création du premier studio de cinéma français. (Wikipédia)

Plus je repense à son oeuvre, et plus je fais le parallèle avec la nouvelle réalité des enseignants face aux technologies informatiques qui se succèdent  à une vitesse incroyable. À l’image de Méliès, nous avons la possibilité en tant qu’enseignant de trouver dans ces nouveaux outils des façons de faire autrement et de permettre à nos élèves d’être créatifs comme jamais il n’en a été possible. L’animation, la vidéo, l’enregistrement audio, la production de livres sont autant de médias susceptibles d’engager les élèves pour leur permettre de « faire du sens » autour de leurs apprentissages, mais surtout d’exploiter leur créativité.

Nous vivons à une époque extraordinaire où les acteurs du système scolaire commencent sérieusement  à remettre en question, comme le disait si bien Merieu, l’architecture même de l’institution scolaire. Le questionnement se porte de plus en plus sur la nature même des contenus enseignés. Imaginez dans quel monde évolueront nos élèves (ou vos enfants)  qui termineront leur 5e secondaire dans 10 ans.  De quelle façon l’école aura-t-elle su les préparer à ce qui les attend, mais dont nous  soupçonnons à peine la nature aujourd’hui. Nos iPad seront certainement des objets de curiosité tout autant que le sont nos vieux Walkman de Sony aujourd’hui. L’école, à l’image de la vision de  Méliès,  n’a pas d’autre choix que d’encourager la créativité afin de développer chez nos élèves des compétences qui les prépareront à faire face de façon imaginative aux défis qui les attendent.

Des experts de la pédagogie et des dompteurs de technologie, voilà peut-être les bases conceptuelles des enseignants d’aujourd’hui parce qu’on sait bien qu’au moins une fois dans notre vie, au-delà des concepts, un magicien passionné nous a donné le goût d’apprendre.

Merci M. Brousseau, merci M. St.-Germain et merci M. Méliès.

Sébastien Stasse

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