La citoyenneté numérique pour éduquer à la présence numérique

La citoyenneté numérique pour éduquer à la présence numérique de nos élèves et pour former les citoyens de demain.

Diaporama de la conférence

Vidéo du devin

Procédure de réponse des médias sociaux de la US AirForce

La pyramide de l’apprentissage : une légende urbaine ?

http://www.willatworklearning.com/2006/05/people_remember.html

http://www.danielwillingham.com/daniel-willingham-science-and-education-blog/cone-of-learning-or-cone-of-shame

http://clioweb.canalblog.com/archives/2014/08/13/30404260.html

Le service Peeple

Cinq piliers de la citoyenneté numérique 

Les médias sociaux, première source d’information des jeunes 

Charte d’utilisation de l’école Alex Manoogian

Document de travail de la charte d’utilisation du réseau sans-fil et de l’utilisation d’appareils mobiles (août 2011)

 

Évaluation et sanction une nuance importante

Depuis plusieurs mois je lis certains commentaires sur les épreuves ministérielles et un récent article de Marc-André Girard, jumelé aux commentaires de Jocelyn Dagenais du GRMS et Mario Asselin à propos de l’usage des calculatrices aux examens ministériels me mènent à étendre cette réflexion, au-delà des outils eux-mêmes, autour des notions d’évaluation et de sanction qui me semble être confondue. Je porterai donc mon chapeau (et mes lunettes) hérités de ma formation en évaluation pour aborder les épreuves ministérielles.

La raison d’être des épreuves

Que visent exactement les examens ministériels ? La loi sur l’instruction publique(LIP) et le régime pédagogique confirment la responsabilité du ministère de fournir des épreuves afin de sanctionner la réussite des élèves.  On trouvera la raison d’être de ces épreuves en termes précis, sur le site du ministère :

 «les résultats à ces épreuves préparées par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) […]  assurent la reconnaissance de la valeur du diplôme […] Ainsi, le diplôme délivré a la même valeur pour tous les élèves du Québec, quelle que soit l’année de son obtention ou l’emplacement de l’école fréquentée.

Bref, ces épreuves ont comme objectif de conférer au diplôme une forme de standardisation nécessaire au système scolaire pour la suite du cheminement de l’élève, particulièrement pour son entrée au CEGEP où une sélection doit se faire, on le comprendra, en fonction d’un standard permettant  une discrimination dans l’accès aux programmes contingentés. L’autre aspect, c’est bien évidemment la valeur du diplôme qui doit être une base fiable pour une société, témoignant (en principe) de l’atteinte d’objectifs attendus. On parle donc d’évaluation dans un but de sanction et dans ce contexte, la notion même de différenciation ne peut s’appliquer, si ce n’est pour tenir compte de certaines difficultés d’apprentissage précises (dyslexie par exemple) nécessitant l’usage d’outils d’aide pour réaliser l’évaluation sans toutefois modifier l’épreuve. Des mesures pour ces cas particuliers sont d’ailleurs déjà prévues par le ministère.

On pourrait s’en remettre à l’unique jugement des enseignants pour statuer de l’atteinte des objectifs ministériels, et c’est en bonne partie ce qui se fait tout au long du cheminement scolaire des élèves québécois. Les épreuves ministérielles de 4e année (français) et 6e année du primaire (français et mathématiques), de même que celle de 2e secondaire (français) comptent pour 20% de l’année scolaire, sont corrigées par les enseignants et laissent une large part à leur jugement professionnel pour le 80% de la partie restante.  Par contre, dans un contexte de sanction nécessitant une forme de standardisation, il faut impérativement passer par un processus commun afin qu’il soit équitable, fiable (dans la définition du concept lié à l’évaluation)  et valide ce qui n’a rien à voir (et n’enlève rien) à l’autonomie des enseignants, cette dernière étant applicable dans un contexte d’évaluation des apprentissages et pour l’apprentissage. Ceci dit, les examens ministériels sont rédigés par des enseignants et des conseillers pédagogiques et les épreuves sont validées avant leur passation, ce qui est un processus complexe visant la fiabilité des épreuves.  Malgré tout ce processus, des ajustements sont parfois nécessaires menant même, après coup, à l’annulation de questions. Imaginez le coût de la mise en oeuvre de ce genre de démarche à l’échelle de la province pour chaque milieu, mais surtout les risques que les épreuves soient inéquitables à l’échelle provinciale et que l’obtention du diplôme soit plus facile selon les écoles.

Un outil imparfait

Les épreuves ministérielles, sous forme d’examen, semblent donc être l’outil le mieux adapté au système puisque le système scolaire postsecondaire se base actuellement sur des données quantitatives qui se doivent d’avoir une référence commune de façon à être juste et équitable pour l’ensemble d’élèves afin de donner un portrait sur une base commune servant à un classement des élèves. Évaluer, c’est porter un jugement et le défi est donc de rendre ce jugement le moins subjectif ou arbitraire possible, ce que tente, tant bien que mal, de faire l’épreuve ministérielle menant à la sanction.

Malheureusement, nous sommes confrontés à des limites évidentes de l’outil qui met l’accent sur ce qui est facilement « mesurable ». Ainsi les examens ministériels, visent largement l’évaluation de connaissances et d’habiletés, au détriment des compétences, principalement à cause de la durée limitée de l’épreuve et de l’administration simultanée à un grand groupe dans un contexte de standardisation.

On peut donc peut-être comprendre que le ministère souhaite encadrer le plus possible la passation de ces épreuves en limitant les éléments susceptibles d’entacher les valeurs fondamentales en évaluation à savoir l’égalité et l’équité, d’où la présence de règles strictes pour tenter de respecter ces valeurs. C’est donc ici que le bât blesse et qu’on se retrouve avec l’interdiction de certains types d’outils lors de la passation de l’épreuve (type de calculatrice, aide à l’écriture, dictionnaires numériques, etc …) afin d’assurer (ou de tendre à ce que) la passation ait lieu dans les mêmes conditions pour tous … on parle d’équité dans un contexte de sanction, concept qu’il faut aborder différemment dans un contexte d’apprentissage.

S’attaquer à l’outil qu’est l’épreuve ministérielle me semble très loin du réel enjeu qui en est plutôt un lié à l’absence d’une autre méthode éprouvée afin de standardiser la sanction et d’assurer la qualité du diplôme.

 

L’usage des technologies en évaluation

Même dans la mouvance des nouvelles technologies, comment assurer la validité d’une épreuve appliquée à un grand groupe et d’un territoire à l’échelle d’une province ? En ce sens, un groupe de travail (dans lequel je ne suis pas impliqué) est en place depuis plusieurs années au ministère de l’Éducation pour évaluer la possibilité de numériser les épreuves. Les défis sont de taille, ne serait-ce que pour s’assurer que les élèves aient accès simultanément à un appareil numérique pour réaliser l’épreuve. Vient ensuite la plateforme numérique qui devra supporter le tout incluant la correction par les différents enseignants et le branchement simultané de milliers d’élèves. Finalement l’aspect limitant la diffusion éventuelle du contenu, maintenant si facile par fichier numérique. Les infrastructures à mettre en place sont colossales  surtout quand on sait que certaines écoles actuelles n’ont même pas un accès à un réseau sans-fil.

Les épreuves ministérielles sont donc loin d’être  parfaites, mais faute de ne pas disposer d’outil plus efficace pour les objectifs visés par ces épreuves, soit la recherche d’un standard visant la sanction, elles sont utilisées au mieux de leurs limites, qui se font de plus en plus sentir.  Quant à l’aspect numérique de l’évaluation, il serait intéressant de recenser les écoles qui utilisent actuellement des plateformes numériques pour la passation d’épreuves finales, je pense particulièrement aux institutions où tous les élèves ont leur propre appareil numérique … ont-elles toutes fait le passage à l’évaluation numérique ? Si oui, ces institutions pourraient  peut-être nous fournir leur expertise sur une alternative au format papier/crayon.

Sébastien Stasse

 

 

 

Le paiement par appareil mobile … la solution à (presque) tous les maux ?

Je me permets une petite parenthèse technologique sans lien avec l’éducation.

Trimballer des cartes de fidélité dans un monde numérique est une aberration et c’est pourtant ce qui se trouve dans mon porte-monnaie aujourd’hui. Le pire moment lors d’une expérience d’achat, c’est certainement le paiement et il me semble qu’il y aurait intérêt à rendre cette « torture » la plus courte possible. À l’ère du paiement sans contact, il est grand temps que les commerçants migrent vers un modèle entièrement numérique. Voici mes quelques expériences sur ces tendances.

Idéalement, je souhaiterais ne trimballer que mon téléphone intelligent et ma montre pour l’ensemble de mes transactions d’achats. Cette façon de procéder augmenterait non seulement la rapidité du paiement à la caisse, mais aussi la gestion plus efficace de tous les programmes de fidélisation pour les entreprises. Quand, dans une épicerie, au moment du paiement, je dois dire au caissier non à la carte de fidélisation, non à la promotion de casseroles et non au rabais d’essence … il y a certainement quelque chose qui cloche. Je ne veux pas (d’une autre) carte de fidélisation de ce magasin, la promotion de casseroles avec des timbres (!!!) ne m’intéresse pas et je ne mets jamais d’essence à la station dont on me propose le rabais. Il y a pire me direz-vous … peut-être, mais il y a certainement mieux.

Apple a déjà, depuis plus de 2 ans, rendu possible le paiement par téléphone dans ses magasins. À partir de l’application mobile, on passe la caméra de notre téléphone sur le code-barre du produit en magasin et on peut ensuite payer avec notre compte iTunes lié à notre carte de crédit. Depuis plus de deux mois, je paie mes cafés au Starbuck’s avec ma montre. Mon compte en ligne est tout simplement lié à l’application de ma montre Apple Watch.

Dans ces deux exemples, l’intégration du paiement et de la fidélisation est totale et je dois « gérer » des comptes en ligne plutôt que des cartes. Gérer étant un bien grand mot … on parle de mettre à jour ma carte de crédit pour Apple et recharger mon compte pour Starbuck’s ce que je peux même faire directement de mon téléphone. L’idéal : une seule carte de crédit pour tous les achats et les cartes de fidélité liées par un compte en ligne c’est à mon avis l’avenir du paiement électronique. Au lieu de miser sur des programmes de timbres à coller, il me semble grand temps que les compagnies voient les choses autrement, mais il y évidemment un prix tout cela. Élaborer et maintenir un programme de fidélisation numérique coûte cher, un avantage des grandes chaînes qui peuvent répartir les coûts de ce type d’infrastructure sur l’ensemble des succursales.

Dans un contexte où les entreprises unifieront les données bancaires et les habitudes de consommation, le plus grand défi sera la sécurité de ces bases de données et de nos comptes en ligne. Pour nos téléphones, qui ne serviront dans les faits que de passerelle de paiement, le caractère sécuritaire devra permettre de bloquer l’utilisation de l’appareil par l’authentification de façon biométrique comme le fait le TouchID d’Apple. La lutte de Apple face au FBI n’est donc pas anodine et s’inscrit dans une perspective où les appareils mobiles renferment l’ensemble de nos données personnelles mais aussi financières. L’autre élément concerne les terminaux de paiement. D’une part leur fiabilité, mais aussi les  frais d’utilisation, chargés aux commerçants qui seront inévitablement refilés au consommateur.

Un récent article prédisait la disparition de l’argent liquide comme en Suède… il faut même aller plus loin et constater que d’ici peu le porte-monnaie lui-même disparaitra au profit de nos appareils mobiles ou objets connectés.