Faire rayonner notre institution sur le Web

Voici le document de ma conférence présentée dans le cadre du 5e colloque de la Vie Scolaire organisé par la FEEP.

Faire rayonner notre institution en publiant des projets, des nouvelles et des réalisations de nos élèves tout en y consacrant un minimum de temps et d’énergie sans oublier l’intégration des médias sociaux. Voici l’objectif que nous nous étions fixé il y a maintenant 4 ans et les résultats sont aujourd’hui étonnants. En plus de proposer une image dynamique de notre institution, notre plateforme web gratuite permet aux divers intervenants et aux élèves de participer à la création de contenus par des pages de classe ou d’activité et même de bloguer. Voici un tour d’horizon pratico-pratique du monde de WordPress, avec exemples à l’appui, pour se lancer dans cette aventure !

Fichier de la présentation sur Slideshare : Rayonner

 

Les logos :


 

 

Le scandale des photos de célébrités … et nos enfants

Il fut un temps où on ne savait pas si la photo que nous avions prise allait être bonne avant d’avoir entre les mains une copie papier (mat ou glacé) de celle-ci. Il fut un temps où il fallait prendre entre 12 et 36 photos avant de pouvoir les « développer » pour les voir. Il fût un temps où il était très gênant d’aller récupérer des photos « compromettantes » développées au magasin par un technicien (surtout s’il vous disait qu’elles étaient bien réussies).

Démocratisation de la photo

Mon premier appareil numérique, en juin 1995, a été un Quicktake 150 de Apple, qui fonctionne toujours  et dont je me fais un plaisir de vous partager la photo …

Cet appareil pouvait prendre environ 25 photos (selon la qualité) et nécessitait ensuite d’être branché sur un Mac ou un PC afin de  télécharger et de voir les photos. Pouvez-vous imaginer le nombre de photos que j’ai  pu prendre à partir du moment  où chaque photo était « gratuite » ? Ce fut la fin des limites sur ce que je pouvais photographier parce que, à partir de ce jour, c’est moi qui en contrôlait le téléchargement sur mon ordinateur, sans frais.  Plus jamais besoin de passer par le technicien de Direct Film au sourire complice. (Je ne peux m’empêcher de mettre ce lien vers une publicité de ce magasin)

Les gens nés dans les années 1990 n’ont jamais connus l’époque de ce passage de la caméra à film vers le numérique. La photo s’est démocratisée à partir de 1995 avec l’apparition des appareils numériques grand public.  Bien évidemment, les sujets photographiées ont sans aucun doute dépassé les prudes limites de jadis !  La prise de photos est donc petit à petit devenue un geste banal allant même jusqu’à être intégrée au téléphone intelligent qui, entre nous, n’a plus grand chose d’un téléphone.   Entre la photo et la vidéo, en numérique, il n’y a qu’un pas … et nous voilà donc aujourd’hui avec dans notre poche l’équivalent d’un appareil photo numérique, d’une caméra vidéo avec en plus la possibilité de publier le tout en temps réel ou de le partager « dans le nuage » pour le synchroniser entre nos appareils.

 The Fappening ou le Celebrity Leak

Faut-il donc s’étonner de la publication, la semaine passée sur 4chan, d’un lot impressionnant de photos d’artistes « légèrements vêtues » piratés sur des comptes en ligne ? On sera peut-être soulagé d’apprendre que le piratage semble provenir d’une technique « classique » et non d’une faille de sécurité. Mais une chose est certaine, les photos ne proviennent pas d’un appareil volé ou d’un ordinateur. Les photos proviennent « du nuage ». Si des adultes, que j’imagine conscients de l’impact possible de leurs clichés, prennent tout de même la chance d’en faire… j’ose imaginer ce que c’est pour nos enfants et ados qui ont ces appareils entre les mains. D’ailleurs, une étude d’opinion de Opinion Way indique qu’un quart des 18-35 partagent sciemment des photos d’eux dénudés.

À qui revient donc la responsabilité de parler de ces nouvelles pratiques aux jeunes (et aux moins jeunes) ? Le sexting (textopornographie ou sexto) est déjà bien réel chez nos ados, le dedipix (dédicace par image) a sa popularité sur certains réseaux sociaux d’adolescents et l’apparition des réseaux de type Vine contribuent a générer du matériel vidéo « à risque » qui circule sur le Web. L’école a-t-elle un rôle à jouer devant l’omniprésence du « nuage numérique » et surtout de la pérennité (parfois embarrassante) de ce qui est publié sur le web ?  Les parents sont-ils les mieux placés pour sensibiliser leurs enfants à ces enjeux ?

 

Mais un peu à l’image des campagnes pour contrer les maladies transmises sexuellement où, plutôt que de prôner l’abstinence afin de freiner la propagation des infections, on cible plutôt la protection lors des rapports, il faudrait peut-être adopter une attitude semblable face aux nouvelles pratiques technologiques.  Éduquer aux médias sociaux, expliquer les paramètres de confidentialité, assurer un contrôle de ses données et de son identité numérique, utiliser des mots de passe « solides » … plutôt que de démoniser internet ! Ceci dit, la meilleure protection et le message aux enfants doit être de ne pas prendre de photos compromettantes d’eux-mêmes et de ne pas les partager. Pas facile dans un monde où les mineurs adoptent le look sexy, même dans les magazines de mode pour enfants (Vogue Kids) et avec le consentement d’adultes. Quels messages leurs sont envoyés ?

 

La liste des célébrités touchées est impressionnante … tôt ou tard, il s’agira de photos de mineurs … voici une belle opportunité d’en discuter dès aujourd’hui avec votre enfant non ?

 

Sébastien Stasse

Une nouvelle source d'influence : les médias sociaux

Lors de la traditionnelle rencontre de début d’année avec mon équipe d’enseignants, j’ai abordé de phénomène de l’été : le Ice Bucket Challenge (IBC). Ma réflexion se portait sur deux aspects de ce « buzz » intimement lié aux médias sociaux : la maladie au centre du phénomène et la preuve que les technologies bouleversent maintenant tous les domaines. Voici donc en quelques lignes les éléments que j’ai partagés avec eux.

 

La SLA

Une maladie qui tue est une maladie de trop. En ce sens, toutes les collectes de fonds visant la recherche médicale, et donc menant éventuellement à vaincre des maladies, sont louables et méritent notre générosité. Selon notre histoire de vie, nous choisirons une cause plutôt qu’une autre. Quand nous-mêmes, l’un de nos proches, un parent ou un ami devenons victimes d’une certaine maladie, nous choisirons sans doute de soutenir la recherche dans ce domaine. La marche contre les cancers féminins en est un exemple, les 24 heures Tremblant pour les maladies infantiles en est un autre. Inutile de vous dire que nous sommes très souvent sollicités pour toutes sortes de causes, que ce soit à la sortie d’une épicerie, au téléphone ou encore par du porte-à-porte. Là où le Ice Bucket Challenge s’illustre, c’est par l’absence de sollication directe de la « société de la SLA » qui récolte l’argent et, dans la majorité des cas, par l’absence de connaissances des donateurs sur la maladie elle-même. C’est phénoménal qu’une cause puisse ainsi engranger des augmentations de 10 à 20 fois plus importantes qu’à pareille date l’année précédente sans publicité directe. Le cœur de ce succès : les médias sociaux et l’effet d’entraînement.

 

Quelques chiffres :

SLA Sclérose latérale amyotrophique, la maladie neurologique causant le plus de décès au Canada. On estime qu’environ 3000 personnes souffrent de cette maladie au Canada (600 au Québec).

Revenus générés au Québec à la fin août 2014 : 1 000 000 $ comparativement à 25 000 $ l’an passé.

Revenus générés aux États-Unis à la fin août : 70 000 000 $ a comparativement à 2 500 000 $ l’an passé.

Plus de 2 000 000 de vidéos personnelles partagées sur YouTube à ce sujet.

Comme le mentionnaient certains journalistes, ces chiffres sont astronomiques en terme de collecte de fonds! En même temps, certains se questionnent sur l’impact possible de cette générosité sur les collectes de fonds visant la lutte à d’autres maladies touchant un plus grand nombre de personnes. Les gens qui ont donné à la SLA donneront-ils pour d’autres causes? Par exemple, on évaluait l’état du financement de la sorte :

En 2013, la SLA a causé la mort de 6849 personnes aux États-Unis et récolté près de 23 000 000 $ pour la recherche. Ce qui porte le montant de don à 3358,15 $ par victime.

Parallèlement, les maladies du cœur ont causé la mort de 596 577 personnes et récoltées près de 54 000 000 $ en dons. Ce qui équivaut à un ratio de 90,52 $ par victime.

Bien qu’il n’y aura jamais trop d’argent pour vaincre une maladie, ces chiffres font tout de même réfléchir sur la grande disparité entre les maladies qui touchent un plus grand nombre de personnes et les dons pour la recherche.

 

Et l’éducation dans tout ça

Cette mise en contexte permet de belles discussions au niveau éthique avec nos élèves et soulève, quant à moi, quelques réflexions et questions intéressantes à l’ère des médias sociaux.

Une telle campagne n’aurait jamais eu autant de succès sans la partie de partage de vidéo et sans le défi lancé par chaque participant contribuant à alimenter le phénomène par lui-même. La force, nous pourrions plutôt parler d’influence, des médias sociaux est donc la clé de ce succès. Dans quelle mesure cette influence pourra-t-elle se manifester de nouveau dans un contexte aussi mobilisateur? On connait déjà les Neknomination qui consistaient au départ à lancer un défi alcoolisé et à en publier la réalisation sous forme de vidéo sur Facebook. Phénomène qui a conduit à quelques excès, dont 5 morts, et qui nous a fait prendre conscience que la pression sociale s’exerçait même de façon virtuelle.

Dans le phénomène du IBC, nous pouvons constater que le défi lancé a dépassé largement ce qu’on pourrait appeler la cause. On pourrait questionner l’aspect « heure de gloire » du défi qui a malheureusement donné lieu a plusieurs dérapages et qui parfois s’approchait du concours de celui qui en fait le plus que l’autre. Le succès est toutefois indéniable, de nombreuses personnalités se sont prêtées au jeu (même si la liste a été effacée de Wikipedia), amenant un peu plus d’eau au moulin du phénomène.

Que nous dit ce « buzz » et quel est donc l’impact possible de ce phénomène sur les enfants? Quel message leur est envoyé? Que direz-vous à vos élèves qui vous demanderont si vous avez relevé le défi?

À mon avis trois constats que nous devrons aborder et tenir compte dans nos institutions.

  1. les médias sociaux arrivent maintenant clairement à influencer de façon massive ses utilisateurs
  2. la pression sociale est de plus en plus présente sur les médias sociaux, elle prend différente forme et est susceptible d’influencer les jeunes
  3. il est incontournable de sensibiliser nos élèves à ces nouveaux phénomènes et à développer leur jugement critique.

Les rentrées scolaires se suivent, mais ne se ressemblent plus…

Sébastien Stasse