Les TIC pour supporter un projet éducatif

Dans mon dernier billet, j’ai expliqué le processus qui a permis à notre équipe-école de s’entendre sur un nombre limité d’éléments qui deviendront nos orientations pour notre projet éducatif.  On peut les résumer par :

– encadrement des élèves

– responsabilisation des élèves

– expression en français

– identité culturelle arménienne

 

Identification des moyens 

Mes convictions en matière d’intégration, mais surtout de mobilisation, de la technologie en enseignement sont bien connues. Plusieurs enseignants s’attendaient d’ailleurs à ce que j’impose l’usage des TIC (technologie de l’information et des communications) par une orientation visant leur usage ou à tout le moins leur promotion. Comme je le mentionnais, il est important pour moi que les orientations proviennent du milieu et que j’ai choisi dès le départ de ne pas imposer des orientations. Comment donc arriver à mettre de l’avant mes convictions à l’intérieur d’orientations qui à première vue ne touchent pas aux TIC ?

Pour utiliser une métaphore, dans une école, les orientations forment les branches principales d’un arbre. Les bourgeons et les feuilles sont les moyens qui pousseront sur les branches secondaires.  Pour arriver à identifier ces moyens, afin de répondre à nos orientations, j’ai utilisé un processus différent de l’approche sociocratique. Dans les corridors de l’école, quatre cartons de couleurs ont été affichés en haut desquels était identifiée chaque orientation. Une boîte de crayons a été placée à proximité et les enseignants, de manière informelle, ont inscrit des idées de moyens à mettre en oeuvre pour répondre à ces éléments.

L’identification des moyens est cruciale et doit toucher, à mon avis, deux critères importants (1).

– Faire partie le plus possible du quotidien de l’élève.

– Être Pareto, c’est-à-dire nécessiter 20% d’investissement pour viser 80% de résultats.

 

La mobilisation des TIC

C’est donc ici que l’usage des TIC s’insère aisément comme un moyen dans toutes les orientations, pour le peu qu’on soit créatif. Les TIC deviennent donc un outil plutôt qu’une orientation ou qu’un objectif. Sans exagérer, notre milieu a mis en place depuis 15 ans une structure faisant en sorte que nos élèves du primaire sont sans aucun doute les plus compétents  en matière d’utilisation des TIC au Québec. Par contre, c’est une toute autre histoire pour nos enseignants. J’en reparlerai dans le cadre d’un prochain billet, mais retenons pour le moment que je souhaite mettre en place des moyens favorisant aussi l’usage des TIC par les enseignants.

Voici donc quelques exemples de moyens mobilisant les TIC mis en place depuis le début de l’année scolaire en lien avec chacune des orientations.

 

Responsabilisation des élèves

Pour responsabiliser nos élèves, l’un des moyens mis en place autorise l’utilisation des appareils mobiles des élèves (iPod, iPad et autres), de leur propre ordinateur (Mac, Pc, Linux) et de leur téléphone à l’intérieur des classes pour des usages pédagogiques encadrés par les enseignants. Cette permission est rattachée au respect d’une charte d’utilisation signée par les élèves et leurs parents et à une formation obligatoire en 3e année du primaire.

 

Expression française 

S’exprimer en français dans un contexte comme le nôtre où les deux premières langues sont l’arménien et l’anglais n’est pas une chose facile. Un moyen mis de l’avant est le projet 180 chansons en 180 jours. Chaque titulaire s’est vu remettre un iPad  sur lequel ont été déposées 180 chansons francophones de 180 artistes différents. J’aime le côté  contextualisation de l’outil technologique dans ce projet où l’appareil devient le support d’une activité quotidienne. Chaque jour, les élèves chantent une chanson différente d’un artiste différent à l’aide d’un recueil de paroles. Ces paroles peuvent donc être un prétexte pour l’analyse et l’étude de textes variés. Je compte élaborer sur la mise en oeuvre de ce projet dans un prochain billet.

 

 

Encadrement des élèves 

Pour l’encadrement des élèves, certaines fonctions de notre logiciel de gestion scolaire ont été étendues pour permettre à tous les intervenants d’un même élève de pouvoir accéder au suivi disciplinaire. Appels téléphoniques aux parents, retenue, devoirs non faits, manquement disciplinaire se retrouvent ainsi au même endroit et permettent une vue d’ensemble et un suivi efficace. L’entrée de ces informations nécessite l’usage d’un ordinateur permettant encore une fois de contextualiser l’usage des TIC, pour les enseignants cette fois-ci.

 

Culture arménienne 

Dernier exemple entourant l’arménien, un projet est mis de l’avant pour produire du contenu multimédia dans cette langue. Poèmes, chants, histoires et autres seront enregistrés sous forme de podcast ou de vidéocast afin d’en faire profiter l’ensemble de la communauté. Ce genre de projet existe déjà en français et sera étendu à l’arménien.

 

L’usage des TIC est donc l’affaire de tous et doit à mon avis s’inscrire dans une vision qui dépasse aussi la pédagogie. L’arrivé des iPad révolutionne complètement le rapport à la machine et a réellement créé un engouement pour l’ensemble de nos enseignants. La première étape consistait donc à insérer cet outil là où son usage sera le mieux contextualisé. À partir du moment où les TIC font partie du quotidien d’un enseignant, on se rapproche de leur utilisation pédagogique.

Pour terminer, notre processus d’identification des moyens est loin d’être terminé. Un comité consultatif sera formé sous peu et aura la tâche de voir à la sélection d’autres moyens ainsi qu’à l’identification d’objectifs.

Sébastien Stasse

(1)Je tiens à souligner la grande influence de M. Amine Tehami, chargé de cours à l’Université de Montréal, dans l’ensemble de l’élaboration de ce processus.