Gérer au quotidien les médias sociaux et la citoyenneté numérique dans une institution scolaire

Voici les liens de ma présentation du 19 février 2016 au personnel du Collège Saint-Jean Eudes de Québec.

Diaporamas de la conférence

Partie 1 :Contextualiser le concept

Partie 2 : Ce que le Web dit de nous

Partie 3 : Citoyenneté numérique ?

Partie 4 : Gérer la bête en nos murs

 

Vidéo du devin

Procédure de réponse des médias sociaux de la US AirForce

La pyramide de l’apprentissage : une légende urbaine ?

http://www.willatworklearning.com/2006/05/people_remember.html

http://www.danielwillingham.com/daniel-willingham-science-and-education-blog/cone-of-learning-or-cone-of-shame

http://clioweb.canalblog.com/archives/2014/08/13/30404260.html

La vidéo d’Anonymous mentionnée par le père de Rehtaeh Parsons

Le service Peeple

Cinq piliers de la citoyenneté numérique 

Les médias sociaux, première source d’information des jeunes 

Charte d’utilisation de l’école Alex Manoogian

Document de travail de la charte d’utilisation du réseau sans-fil et de l’utilisation d’appareils mobiles (août 2011)

 

Les TIC peuvent-elles encore être vues comme des outils ?

Il y a trois ans je questionnais, lors d’une conférence à Clair, la nouvelle réalité de l’apprentissage à l’heure d’une immortalité imminente ou a tout le moins d’une espérance de vie grandissante supportée par les avancées de la technologie. L’an passé, ma conférence au sommet iPad portait sur l’arrivée massive des technologies connectées portables et de leur impact sur l’enseignement et l’apprentissage.  Le dernier CES 2016 qui s’est déroulé à Las Vegas laisse entrevoir dans un (très proche) avenir la connectivité  d’une multitude d’objets qui  nous entourent. L’omniprésence de cette technologie connectée et la lecture d’une critique du livre de Marc-André Girard, questionnant le rôle des TIC comme outil me portent à me demander si la conception des TIC comme étant un outil ne serait pas, aujourd’hui, un anachronisme.

Pendant de nombreuses années, j’ai en effet perçu la technologie comme un outil permettant de supporter ma démarche pédagogique. Je dois aujourd’hui constater que l’évolution rapide de cette technologie me porte à questionner le terme outil pour qualifier l’usage de cette technologie qui s’infiltre dans l’ensemble des aspects de notre vie, mais surtout d’une technologie qui supporte de plus en plus une partie virtuelle importante de cette vie.

Lors des 20 dernières années, l’intégration des technologies à l’école passait par un ordinateur en venant faciliter, bonifier, ajouter une plus-value à des activités pédagogiques ou à des situations d’apprentissages dans différentes disciplines. Nous parlions alors d’intégration de l’outil informatique à l’enseignement.  Par exemple, le traitement de texte permettait la mise en forme de travaux, le tableur permettait le calcul rapide et la création de graphiques, les logiciels de présentation permettaient l’ajout d’un support visuel à une présentation orale. J’ai toujours préféré la notion de mobilisation des technologies plutôt qu’intégration, mais on comprendra que l’idée était d’introduire une nouvelle dimension numérique à une démarche pédagogique. Ces outils permettaient par exemple de supporter la rédaction de travaux, sans toutefois nécessairement changer la nature du résultat final : le plus souvent, sous forme de document pouvant être imprimé, ayant une réalité tangible en dehors du numérique. À la manière des outils du menuisier, les différents outils technologiques venaient donc supporter une démarche, mais, tout comme la matière de base du menuisier reste le bois, la production finale pouvait demeurer le papier. Dans cet état de fait, on pouvait très bien parler d’outil comme d’un « moyen d’action » sur du contenu.

Le Larousse donne comme l’une des définitions d’un outil : « élément d’une activité qui n’est qu’un moyen » et le moyen comme étant une « manière d’agir, procédé qui permet de parvenir à une fin »

Depuis peu, la prolifération des plateformes numériques créatives et surtout des bases de données et des serveurs font passer les technologies dans une autre dimension puisque l’outil devient aussi le média de la production. En effet, de nos jours, certaines productions pédagogiques ne prendront jamais forme ailleurs que sur un support virtuel, numérique. Une production vidéo, audio, un Popplet, un Tinglink, un Aura ( Aurasma)  en sont quelques exemples. L’outil technologique qui sert à créer ce contenu sert aussi à l’héberger et à diffuser la production. Mais plus près de nous, dans notre quotidien, notre calendrier, nos manuels scolaires numériques, nos photos, les publications sur les médias sociaux, les paiements de comptes, bientôt la gestion de notre maison (éclairage, température, arrosage), la conduite autonome, et bien plus font passer la technologie à quelque chose de beaucoup plus large qu’un procédé. Le téléphone devient un mode de paiement, la montre une clé pour une chambre d’hôtel … le terme outil est-il donc encore le mieux choisi dans ce contexte? Tous ces éléments ont en commun la consultation de base de données sur des serveurs de façon virtuelle, l’utilisation des données en temps réel ou le stockage d’éléments dans le « Big Data ».  Mon ordinateur portable tout autant que les tablettes et appareils mobiles des élèves sont devenus bien plus que des outils et le serveur de notre école beaucoup plus qu’un simple ordinateur … imaginez votre futur réfrigérateur connecté.

Selon Feenberg il faudrait concevoir la technologie non pas comme quelque chose de neutre […], mais plutôt comme quelque chose de socialement construit qui doit être investi démocratiquement parce qu’il change nos vies.

Tiré de : Théorisation d’une pédagogie alternative de la technologie par Patrick Plante

 

La réalité d’aujourd’hui, c’est que la technologie est partout et qu’il faut revoir cette conception d’un outil ayant une fonction d’instrument ou d’accessoire, particulièrement en éducation. L’ère de l’outil technologique à mobiliser de temps en temps est révolue, la technologie, par son omniprésence devient partie intégrante de tout, y compris de l’acte naturel d’apprentissage et d’enseignement.

En conclusion, quand un élément s’intègre ainsi à un ensemble de pratiques, ne faudrait-il pas plutôt en parler comme d’un véhicule ou d’un vecteur puisqu’il permet non seulement de réaliser une tâche, mais d’en supporter le résultat et sa diffusion.  Parler de la technologie en terme d’outil me semble aujourd’hui beaucoup trop réducteur et a pour effet, en éducation, à reléguer son usage à un rôle de soutien plutôt que de voir cette technologie comme une partie intégrante et inhérente à une démarche d’enseignement et d’apprentissage.

Sébastien Stasse

Apple Watch, un mois plus tard !

Déjà un mois avec la Apple Watch, voici donc mes observations et commentaires sur ce nouveau produit. Tout d’abord c’est une des rares fois, après le iPod, où j’utilise un produit Apple qui n’a pas de finalité ou d’usage pédagogique en éducation. Contrairement au iPad qui dès le départ laissait présager des possibilités pédagogiques intéressantes, la Apple Watch n’est pas un objet destiné au marché éducationnel. D’ailleurs, le prix et le simple fait qu’elle doit être jumelée à l’iPhone pour exploiter toutes ses fonctions règlent la question pour le moment. Il s’agit donc vraiment d’un gadget électronique portable visant le grand public … prêt à investir plus de 500$ dans un tel objet …

 

Arrivée du paquet

Quelle extraordinaire expérience que l’ouverture de produits Apple! La boîte rectangulaire qui s’ouvre sur un coffret de plastique épuré tout aussi blanc, mais aux formes arrondies dans lequel la montre repose, tel un écrin. L’ouverture de la boîte est déjà une expérience en soi et est de bonne augure pour la suite.

Configuration à la manière Apple : simple, conviviale, efficace et rapide. L’objet est fonctionnel en moins de 5 minutes pour me dire l’heure ! Il me faudra ensuite plusieurs  jours pour aller explorer l’ensemble des fonctions et comprendre l’ensemble du fonctionnement et de la configuration, via le iPhone.  Je dois avouer que c’est la première fois que j’utilise un produit Apple où j’ai du consulter les tutoriels vidéo puisqu’il me manquait, entres autres,  un des gestes permettant la navigation dont le nouveau « Force Touch ». Il y a aussi les diverses façons de consulter les apps : par les notifications (longue ou courte), l’ouverture directe de l’app, mais aussi le « Coups d’œil » (glances) sorte de raccourcis permettant de faire figurer certaines app « chouchou » à notre convenance. Tout ça m’a semblé manquer un peu de convivialité au début, mais surtout de vitesse à l’exécution!

Quelle déception que le fil de recharge … le système est bien pensé, mais le simple câble qu’on colle sur la montre est loin de faire honneur au reste du produit au niveau de l’esthétisme global.  J’ai donc commandé un dock qui évite de faire recharger la montre à l’envers ou encore en position précaire sur le bord de la table de nuit.

Quelques constats

Cet objet n’a rien d’indispensable pour le moment même s’il est vrai que je regarde beaucoup moins mon iPhone au profit de ma Apple Watch depuis un mois.  Par contre la montre ne remplit encore aucune fonction essentielle ou révolutionnant mon usage ou mes besoins actuels en technologie. Je pourrais vivre sans mon Apple Watch sans problème mais, pas sans mon iPhone, mon iPad ou mon MacBook.  Les quelques usages accessibles de ma montre sont semblables à l’usage que je fais de mon iPhone, l’écriture en moins. L’accès devient simplement plus rapide avec le poignet pour consulter des notifications.

La révolution pour moi, c’est définitivement l’omniprésence de Siri qui élimine l’écriture manuscrite sur la montre. Je soupçonne même que l’usage massif de cette fonction, qui permet qu’une dictée vocale se retranscrive en mots, enrichira ses bases de données améliorant ainsi la fonction. La qualité de la traduction est impressionnante si bien que j’utilise de plus en plus cette fonction pour écrire des textes comme celui-ci.

Les notifications doivent être bien ajustées puisque l’appareil peut vibrer à la moindre alerte. Donc chaque notification peut être ressentie et on peut imaginer que si vous recevez plusieurs courriels par jour ou que vous êtes actif sur Twitter votre poignet vous le fera sentir. Mais à ce niveau les réglages permettent vraiment une personnalisation par application reprenant directement les ajustements du iPhone ou pouvant être modifiés pour la montre.

L’appareil en est à ses débuts il manque donc que cruellement d’application exploitant les fonctions inhérentes à l’appareil. Qui plus est, j’ai très hâte de trouver un ami qui a aussi une montre pour envoyer des messages en utilisant la nouvelle fonction de messagerie par dessin.

 

En conclusion

Donc, pour faire suite à mon article publié avant que je ne prenne possession de l’objet, force est d’admettre qu’il reste bien du travail à faire avant que la Apple Watch ne s’impose comme un objet indispensable.  Je parle surtout de lier l’outil à des fonctions utiles ne nécessitant pas une grande interaction sur la montre: débarrer des portes, démarrer l’auto, ouvrir les lumières, payer dans les magasins (non disponible au Canada),  et aussi exploiter plus les fonctions de senseurs actuellement réservés aux app d’Apple.  À mon avis, il manque une caméra, quelques capteurs biométriques, des applications sorties du génie des développeurs (si Apple leur donne l’accès à l’ensemble des fonctions) et évidemment à se libérer de l’esclavage du iPhone, ce qu’on reprochait au iPad à ses débuts. La batterie offre une autonomie raisonnable, dans une perspective ou de toute façon je recharge mon iPhone tous les soirs.

Bref, un objet élégant à apprivoiser, pas encore essentiel, mais au potentiel indéniable. Pour une rare fois,  Apple me laisse sur ma faim avec un objet plus pensé en terme de design que de réelle innovation, pour l’instant.

Bien qu’encore loin de la salle de classe pour y trouver une exploitation pédagogique cet objet fera tout de même son apparition dans vos classes en septembre … au poignet de certains de vos élèves, ou de vos collègues !

Sébastien Stasse