Liens de conférence AQEP

Voici donc les liens vers les ressources présentées lors de ma conférence au congrès de l’AQEP  en décembre 2012.

Présentation sur slideshare

Le livre numérique : Mirage ou réalité 

Références

Introduction du livre (vidéo)

In Digital Age, Young Americans Keep Reading, In Print and e-Book Forms

Print Is Still the Dominant Format for Canadians, Says New BookNet Canada Study

Association of American Publishers

Comptes Twitter de @gillesherman et @remolino (Clément Laberge)

Entrepôt numérique du Québec

Projet Gutenberg

Bibliothèque et Archives nationales du Québec — BAnQ

Saccades oculaires, lecture en contexte numérique et plaisir de lire (André Roux)

Collège Sainte-Anne de Lachine

Khan Academy

 

iBooks Author

Exemple de SAÉ produite en version iBooks

Livres iBooks à la maternelle

 

 Un orchestre sans partition papier ?

Au delà des notes

Voici ma réaction à l’article de Mme Pascale Breton, « Bulletin unique: une note basée sur le jugement de l’enseignant ». Texte que je lui ai aussi fait suivre par courriel.

Quelques mots pour vous dire que je trouve que votre article sème un peu de confusion autour des concepts de mesure, d’évaluation, de jugement, de communication et d’instrument de mesure. La démarche évaluative en contexte de développement de compétences ne peut se résumer qu’à un cumul de notes.  De plus, le jugement menant à une décision de l’enseignant doit, comme vous le mentionnez,  reposer sur une variété d’instruments dont les notes, mais pourrait aussi comprendre le portfolio, des grilles d’observation, des entrevues et bien d’autres.

Bref, l’acte même d’évaluer c’est de porter un jugement … et ce depuis que l’évaluation existe, bien avant notre réforme ! Ceci dit, plus particulièrement dans un contexte de développement de compétences, il faut bien plus qu’un cumul de notes pour arriver à situer la progression d’un apprenant puisqu’une compétence est plus complexe à évaluer qu’une connaissance.

« Évaluer l’apprentissage consistera toujours à porter un jugement de valeur – personnel et subjectif – sur cet apprentissage en fonction d’un certain nombre de données recueillies en observant ou en mesurant une performance » (Laurier, Tousignant et Morisette, 2005).

Par contre subjectif ne veut pas dire arbitraire.

Ce qu’il serait aussi intéressant de questionner quand on souhaite aborder l’évaluation des compétences, ce sont les éléments suivants, dans leur ensemble et non pris de façon séparément.

1 – Les compétences des enseignants à évaluer des compétences. Dans quelle mesure, depuis l’arrivée de la réforme, ont-ils reçu des formations ou des perfectionnements adéquats pour leur permettre de développer cette compétence. Dans notre milieu, c’est près de 30 heures de formation qui a été nécessaire pour faire le simple tour de la démarche évaluative.

2 – La quantité de compétences, mais surtout le nombre de critères à évaluer selon le programme nécessitent une coordination étroite des enseignants par cycle. Est-ce que le système permet facilement cette coordination ? Est-ce que le nombre de critères à évaluer est réaliste et facilite la démarche d’évaluation ?

3 – J’ai une autre interrogation quant à la disponibilité des outils d’évaluation pour les enseignants.  Alors qu’il est assez facile d’obtenir des épreuves de la part du MELS, qu’en est-il des grilles analytiques ou descriptives permettant d’évaluer l’ensemble des critères d’évaluation des compétences disciplinaires et non-disciplinaires?

4 – Un seul cours en formation des maîtres est prévu pour traiter de l’évaluation. Préparons-nous bien nos futurs enseignants en matière d’évaluation de compétences ?

5 – Finalement le bulletin, qui s’est malheureusement politisé et dont on peut questionner aujourd’hui la cohérence comme outil de communication pour rendre compte de la progression du développement des compétences.

Dans ce contexte, vous comprendrez que le sujet de l’évaluation est plus complexe qu’une note au bulletin et que tous les systèmes d’éducation dans lesquels j’ai eu la chance d’évoluer se butent aux problèmes inhérents à l’évaluation. Croire que l’évaluation des connaissances rend l’acte d’évaluer exempt de jugement est certes une erreur, mais il est nettement plus facile de rendre important ce qui est facilement mesurable plutôt que de rendre mesurable ce qui est réellement important.

Sébastien Stasse

L’école privée, c’est aussi …

Alors que le débat sur le financement des écoles privées refait surface, que les principales critiques portent sur le système de sélection des élèves, sur l’accueil d’élèves à besoins particuliers ainsi que sur l’aspect confessionnel de certains établissements, j’aimerais exposer une autre réalité propre à certaines écoles privées, dont la nôtre, et qui aurait peut-être avantage a être connue.

Notre école n’a jamais sélectionné ses élèves en fonction de leurs notes. Depuis plus de 40 ans, nous recevons des enfants issus de familles souhaitant garder vivants leur héritage ainsi que leur culture arménienne au sein d’une société québécoise francophone qu’elles ont choisie. Au-delà de l’enseignement de la langue arménienne, où nous mettons l’emphase sur l’oral, nos élèves sont en contact avec l’histoire de leurs racines, autant par l’intermédiaire des cours d’arménien que par la présence des arts, dont la chorale et les danses traditionnelles arméniennes.

Tous nos élèves parlent au moins trois langues, dont l’anglais et le français. Nos élèves sont presque tous bilingues dès la 4e année et nos finissants de 6e année réussissent déjà sans aucun problème l’examen d’anglais langue seconde de 5e secondaire. Le temps consacré à l’enseignement du français dépasse les prescriptions du ministère de l’Éducation du loisir et du sport afin d’assurer à nos élèves une bonne maîtrise de cette langue dans un contexte où très souvent il ne s’agit pas de leur langue maternelle. Un programme particulier de théâtre supporte l’apprentissage de la langue et notre projet de 180 chansons francophones en 180 jours est un exemple de notre engagement à initier les enfants à la culture francophone, plus particulièrement québécoise, de façon créative. Tous nos enseignants, responsables de l’application des programmes de formation prescrits par le ministère, sont légalement qualifiés pour enseigner au Québec et aucun cours de religion n’est dispensé dans nos classes.

En 2011-2012, 70% de nos parents recevaient une réduction financière permettant  ainsi à leurs enfants de fréquenter notre établissement. Le restant du financement, nécessaire à la survie de notre école, provient de dons privés de la communauté arménienne dont notre organisation mère, l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance, un organisme international.

Notre classe de francisation accueil des élèves immigrants et réfugiés de pays comme l’Égypte, la Syrie et l’Irak. Pour la majorité de ces élèves, la seule langue parlée est … l’arménien, parfois l’arabe. Le milieu sécurisant d’une école communautaire comme la nôtre où ils peuvent au moins s’exprimer et être compris dans leur langue vient sans aucun doute porter un baume sur le déracinement vécu par ces enfants et leur parachutement dans une autre culture. Les ressources en orthopédagogie, en pédopsychiatrie, en orthophonie et en psychologie que nous mettons à leur disposition, par le biais d’intervenants parlant leur langue, permettent à ces enfants de dépasser les traumatismes vécus dans leur pays d’origine. L’encadrement ainsi offert permettra à ces élèves de s’approprier une nouvelle langue en même temps qu’une nouvelle vie. Ces services, qui ne sont pas sans frais compte tenu de l’impossibilité pour notre école d’obtenir un financement pour de l’aide aux enfants en difficultés, sont donc absorbés en bonne partie par notre établissement, parfois avec l’aide financière des parents. Dans un contexte où les familles sont de nouveaux arrivant, leurs ressources financières sont souvent très limitées.

Depuis cette année, faisant suite au fameux printemps arabe, nous avons mis en place un programme particulier afin d’accueillir des enfants de la communauté égyptienne coptes avec qui notre communauté entretient historiquement des liens étroits. Ce rapprochement témoigne de notre intérêt à jouer un rôle dans l’intégration des nouvelles communautés.

Nos élèves ne sont donc pas sélectionnés en terme de résultats scolaires, de performances sportives ou de la capacité de payer des parents, mais plutôt en fonction de leur intérêt à apprendre trois langues dans un milieu d’enseignement en français et à recevoir une base en histoire de l’arménien, histoire qui est aussi celle du Moyen-Orient et par la suite du monde civilisé.

Dans ce contexte, plutôt que de généraliser le cliché d’un modèle d’école privée qui n’est pas le reflet de la réalité de l’ensemble des établissements, et de dénigrer des institutions qui sont souvent loin d’être élitistes, il faudrait peut-être simplement s’attarder aux autres modèles d’écoles privées qui font leur part pour recevoir une clientèle variée. De plus, l’autonomie de notre école permet à notre établissement de répondre adéquatement  et rapidement aux besoins particuliers des élèves, mais surtout d’avoir la marge de manoeuvre nécessaire pour allouer les ressources (humaines, technologiques, matérielles et financières) à la réussite de tous nos enfants, tel que le prévoit le programme de formation de l’école québécoise.

Sébastien Stasse